Voici ce qui distingue La Réunion de toutes les autres destinations de vol panoramique que nous couvrons, et qui explique aussi bien les prix que l’attrait : une grande partie de cette île n’a ni route ni sentier. Le Cirque de Mafate mesure quatorze kilomètres sur sept, ceinturé de parois de mille mètres, et aucune route n’y pénètre. Ses villages sont ravitaillés par hélicoptère et son facteur marche. Le Trou de Fer, le gouffre où plusieurs cascades tombent dans un même trou, n’a pas de sentier non plus. Vous n’achetez pas une plus belle vue sur un lieu accessible en voiture. Sur la moitié de ce vol, il n’existe aucune alternative.
Le deuxième point, c’est la taille de l’île. La Réunion fait environ soixante-dix kilomètres de large et s’élève du niveau de la mer à 3 070 mètres au Piton des Neiges — le point culminant de l’océan Indien. Ce dénivelé concentré sur cette largeur, voilà pourquoi un vol de cinquante-cinq minutes peut couvrir un volcan actif, trois cirques, un gouffre à cascades et les deux côtes. Aucune autre destination que nous couvrons ne tient autant en si peu de minutes.
Le Piton de la Fournaise, c’est l’autre moitié de l’île. Il culmine à 2 632 mètres, c’est l’un des volcans les plus actifs de la planète, et il entre en éruption assez souvent pour que la route du belvédère soit fermée certaines saisons. Depuis les airs, vous voyez tout l’Enclos Fouqué d’un coup — une caldeira dans une caldeira, avec le cône au centre et la lave noire qui descend vers la mer par le Grand Brûlé. Depuis le sol, vous ne voyez qu’un rebord à la fois.
La ville de décollage détermine ce que vous verrez en premier. Saint-Pierre est l’aérodrome le plus proche du volcan : un vol au départ de là passe donc moins de temps à s’y rendre. Saint-Gilles, sur la côte ouest, place le lagon sous vous dès la première minute et rejoint les cirques par le dessus. Saint-Paul et Saint-Leu sont des bases d’ULM, un appareil tout à fait différent. C’est pourquoi le sélecteur au-dessus des cartes existe.
Un ULM n’est pas un hélicoptère moins cher. C’est un appareil biplace ouvert qui vole plus bas et plus lentement, et il est délicieux au-dessus du lagon et de la côte ouest. Ce qu’il ne fait pas, c’est franchir un volcan de 2 632 mètres ou virer serré à l’intérieur d’un cirque, exactement ce pour quoi vous payez un hélicoptère. Les deux figurent sur cette page, à prix affiché honnêtement, et la différence tient à ce qu’ils peuvent atteindre, pas à ce qu’ils coûtent.
Ce que signifie la durée annoncée. Trente-cinq, quarante-cinq ou cinquante-cinq minutes, c’est du temps de vol. La visite dure environ quatre-vingt-dix minutes de l’enregistrement à la sortie, sur chaque vol ici, parce que tout le monde est pesé, briefé et équipé d’un casque avant.
Et le dernier point, qu’aucune fiche ne dit clairement : l’intérieur de cette île fabrique ses propres nuages, et cela commence généralement en milieu de matinée. Prenez le premier créneau de la journée, placez le vol tôt dans votre séjour pour qu’un report ait encore de la marge, et acceptez le rebooking plutôt que le remboursement s’il vous est proposé — la même semaine se dégage presque toujours.